Articles et entretiens thématiques

Les femmes que j’ai rencontrées s’engagent, mènent des actions et font bouger les lignes. Derrière leur engagement, il y a souvent des années de réflexion, qui les mènent à développer des expertises. Elles avaient des tas de choses à m’apprendre, probablement à vous aussi !

L'antiféminisme au Québec

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"Il n’y a pas un antiféminisme, mais des antiféminismes. Face aux féministes on trouve généralement des hommes qui perçoivent que leurs intérêts sont réellement menacés, ou qui appréhendent qu’ils le soient grâce aux luttes du mouvement. Et c’est ce qui fait qu’ils se mobilisent. Les deux formes qui m’interpellent le plus ; les deux formes les plus organisées et qui participent de ce que j’ai identifié comme un contremouvement antiféministe sont l’antiféminisme religieux et conservateur, qui se fait souvent appeler « pro-vie », et le masculinisme."

Le masculinisme, un avatar de l'antiféminisme

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"Au début des années 2000, des masculinistes dénonçaient de manière explicite et transparente les féministes, hors des réseaux sociaux (et avant leur existence), utilisaient les termes « féminazie » par exemple et s’en prenaient parfois physiquement à des féministes. Du côté des féministes, il y avait un travail de veille fait sur les sites ; un travail de déconstruction de leur discours. Mais aujourd’hui, ils sont de plus en plus subtils. Ils semblent avoir été entendus par des décideurs, ce qui – disent certains militants – les auraient amené à délaisser l’action directe. Par contre, comme ils sont de plus en plus subtils depuis les années 2010, le travail de veille se fait moins. Ils sont moins démasqués."

L’attentat antiféministe du 6 décembre 1989

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"la mémoire collective est un champ de bataille. Les choses peuvent changer grâce au rapport de force que les féministes poursuivent dans le temps afin que nous tirions des leçons de cet attentat antiféministe. J’estime qu’il importe de reconnaître l’intention antiféministe du tueur, puisque nous pourrions attirer l’attention sur les manifestations antiféministes actuelles. Bref, il faut reconnaître qu’un problème existe afin d’agir sur ce dernier."

Épilation et rapport au corps

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"Je m’épilais par obligation sociale et un jour je me suis rendue compte que je ne le faisais pas pour les bonnes raisons, donc j’ai arrêté de le faire. Il y a environ deux ans, j’ai tout arrêté d’un coup. J’ai envie de me sentir sexy même avec du poil. Être féministe pour moi ça veut pas dire jamais vouloir être jolie, mais choisir les moments, et la façon dont on veut l’être."

La vidéo, un medium féministe ? Suite de l’entretien avec le Groupe Intervention Vidéo

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"La vidéo quand c’est sorti, comme c’était plus accessible que le film, une autre population pouvait y avoir accès, c’est devenu un outil politique. Ça permettait de s’exprimer, de changer les choses avec un outil plus facile à manipuler, plus accessible. Les femmes se sont emparées de la vidéo parce que le cinéma était pour les hommes. La vidéo est devenue un outil qu’elles pouvaient exploiter pleinement, et faire ce qu’elles voulaient avec. C’était un autre rapport à l’objet qui faisait que c’était un outil politique."

Ouvrir un blog, un acte militant

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"je me suis dit, pour la première fois, que je pourrais réellement créer un blog. Pour de vrai. Passer de l’idée qui trainait dans mes limbes à un objet concret. Elle m’a parlé de sa volonté de se montrer, avec un raisonnement politique : se montrer pour exister, en tant que femme. Ouvrir un blog, c’est finalement autant un défi personnel qu’un acte politique. Moi, femme, je m’exprime publiquement. Mes idées ont de la valeur. Je m’engage ici, je pose un acte militant."

Dans la prostitution, "à la misogynie s’ajoute une dimension raciste".

"Sur une vitrine où il y a écrit « soins corporels », tu pourras voir écrit en lettres au néon « massages », donc tout le monde sait ce qui se passe dans ce salon de massage. Parfois il y a écrit « clinique de massothérapie », mais dans une clinique de massothérapie normalement il y a des vrais massothérapeutes avec des certifications, et y sont indiqués les différents massages offerts, souvent il y a des cours de yoga aussi… Au contraire des salons « érotiques ». Des journalistes sont allés dans des salons de massage, anonymement, pour demander les services qui étaient proposés. Et c’était clair. Le personnel, les masseuses disaient clairement ce qu’il y avait comme service sexuel."

"La pornographie c'est la théorie, le viol la pratique"

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"La pornographie n’incite pas les femmes à dire non quand elles le veulent. Dans la pornographie, les femmes semblent aimer être des objets sexuels. Et même quand tu regardes des comédies romantiques, il y a toujours le gars amoureux, mais niaiseux, qui ne sait pas comment se comporter, donc il suit la fille, c’est un stalker. Ou il l’appelle tout le temps, ou il l’observe à travers les rideaux, et au bout du compte la fille tombe amoureuse de lui. Ça envoie le message que les filles doivent pardonner aux gars parce qu’ils ne savent pas comment se comporter. C’est ce que les filles apprennent. Et on n’apprend pas non plus que notre sexualité à nous est importante."